Trithemis annulata

Trithemis annulata (Palisot de beauvois, 1807) : la libellule purpurine

C'est la dernière arrivée dans notre faune odonatologique continentale. D'origine africaine, T. annulata s'est implantée en remontant via la péninsule ibérique dans les années 90, pour conquérir tout le midi, de l'Atlantique à la Méditerranée. Elle est maintenant solidement établie dans le sud de notre pays, sans être abondante.

Le mâle est immédiatement reconnaissable par ses couleurs exotiques, mixant un corps violet, des yeux rouges sur le dessus et bleus en dessous, et des ailes aux nervures rouges avec une tache ambrée à la base. La femelle ressemble à un Orthetrum immature, avec un corps brun-jaune légèrement relevé de noir sur les cotés. Les yeux bleus et rouges, et les nervures colorées permettent la distinction. 

Depuis l'installation de Trithemis annulata, d'autres espèces pointent à nos frontières avec Lindenia tetraphylla, Paragomphus genei  et Orthetrum trinacria repérés dans le sud de la Corse (probablement des erratiques venus de Sardaigne, sans population établie pour l'instant), et en 2017 Trithemis kirbyi dans les Pyrénées Orientales, proche de l'Espagne où il est établi. D'autres observations de T. kirbyi ont eu lieu sur plusieurs lieux du pourtour méditerranéen en 2017,  et à nouveau en 2018. Sa reproduction sur place reste à confirmer.

Crocothemis erythraea

Crocothemis erythraea (Brullé, 1832) : la libellule écarlate

Le nom de cette espèce vient de la couleur éclatante du mâle : un rouge "pompier" du bout du nez à l'extrémité de l'abdomen ! Avec une belle tâche ambrée à la base des ailes postérieures. Madame est plus discrète, avec son corps uniformément brun-jaune. Elle ressemble à première vue à un Orthetrum ou un Sympetrum femelle ou immature. La distinction se fera en observant la grande tache ambrée à la base des ailes (attention, S. flaveolum en a une aussi), les yeux bleus à la base (attention, S. fonscolombii en a également), les pterostigmas brun clair (cf. Orthetrum coerulescens), et l'abdomen proportionnellement court, ovale et aplati dorso-ventralement. Vue de profil, la femelle a une lame vulvaire saillante, perpendiculaire au corps (semblable à S. striolatum)

Crocothemis est une espèce d'affinité africaine, elle est largement répandue sur ce continent. Son aire de répartition a progressé spectaculairement vers le nord au cours des dernières années, et elle est désormais présente dans presque toute la France, sur une grande variété d'eaux stagnantes ou faiblement courantes. 

Sympetrum depressisculum

Sympetrum depressisculum (Selys, 1841) : le Sympetrum déprimé

Comme la libellule du même nom, ce Sympetrum doit son nom à la forme aplatie verticalement de l'abdomen du mâle, qui vu de dessus a une forme ovale. Le mâle est rouge-orangé, avec les cotés tirant sur le jaune, tandis que la femelle est brune. Tant chez le mâle que la femelle, il y a une paire de points noirs allongés caractéritiques de chaque coté des segments abdominaux. 

Cette espèce est très localisée. Son bastion en France fut les rizières de Camargue mais elle y régresse. Elle est présente sporadiquement le long du Rhône, dans le Piémont savoyard, et en quelques points dispersés ailleurs. J'ai eu le plaisir de le voir en Alsace, guidé par un ami, autour d'une mare proche du Rhin . 

C'est une espèce protégée en France. 

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Sympetrum pedemontanum

Sympetrum pedemontanum (Müller, in Allioni, 1766) : le Sympetrum du Piémont

C'est le plus facile des Sympetrum à identifier, grâce à la large barre brune qui colore le milieu de ses ailes, lui donnant un coté exotique par rapport à nos autres anisoptères qui ont tous des ailes aux couleurs peu contrastées. Le mâle a un abdomen rouge vif, légèrement en massue, un thorax brun sombre et des pterostigmas rouges qui tranchent sur le brun de la barre alaire. Hormis la coloration typique des ailes, la femelle a une coloration banale pour un Sympetrum, avec un abdomen brun clair rehaussé de tachses sombres réduites sur le dessus des derniers segments. 

C'est malheureusement une espèce peu répandue, aux populations localisées, et il est difficile de définir ses biotopes de prédilection qui sont toutefois des eaux stagnantes ou faiblement courantes, avec une végétation bien présente. Elle apprécie les fossés, canaux d'irrigation, ou les marais en bordure de plans d'eau naturels au niveau variable. C'est une espèce pionnière. Elle est plus fréquente dans la basse vallée du Rhône, présente régulièrement dans la plaine alsacienne, sporadique ou absente ailleurs. Je l'ai rencontrée pour la première fois par hasard en Alsace dans la Petite Camargue, avant de la revoir en Belgique à proximité de la frontière hollandaise. 

Ce n'est pas une espèce protégée malgré sa rareté, mais elle fait l'objet d'un suivi dans le cadre du Plan national d'action pour les odonates. 

Sympetrum meridionale

Sympetrum meridionale  (Selys, 1841) : le sympetrum meridional 

Malgré son nom, cette espèce peut être rencontrée du nord au sud de la France. Elle est toutefois très localisée dans un grand sud-ouest, et au nord du bassin de la Loire.

Le mâle est reconnaissable à la quasi absence de noir dans sa coloration. le dessus de l'abdomen est uniformément rouge, les flancs du thorax sont brun clair sans noir sur les sutures, et les pattes sont également claires. Ces critères se retrouvent également sur la femelle. 
Autre indice (mais qui n'est pas du tout un critère d'identification absolu), cette espèce est fréquement parasitée par des acariens qui sucent la lymphe au niveau des nervures des ailes, et qui prennent la forme de petites boules rouges. 

C'est une espèce pionnière et erratique, dont les populations peuvet être très variables. Ainsi je l'ai vu apparaître sur des étangs de pêche qui ont mis 2 ans à se remplir après une vidange. Pendant l'été durant lequel le niveau de l'eau est resté bas avec une végétation abondante, j'ai pu assister à l'émergence de dizaines d'individus, alors que je ne l'y avais jamais rencontrée auparavant. Je ne l'ai pas revue après que les étangs ont été remis complètement en eau. De même, je l'ai rencontrée pour la première fois sur le littoral du sud breton, dans des milieux où le niveau de l'eau est variable.