Sympetrum sanguineum
Sympetrum sanguineum (Müller, 1764) : le sympetrum rouge sang.
Il se dispute le titre de Sympetrum le plus commun avec S. striolatum. On pourra en effet le rencontrer partout sur les eaux calmes et stagnantes, sauf en altitude au-delà de 1500m.
Cette espèce est facile à identifier si on peut l'observer de près. On regardera la couleur de ses pattes qui sont entièrement noires, critère qu'il partage uniquement avec S. danae qui a une coloration très différente. Le mâle a un abdomen nettement élargi en fuseau et renflé à la base, rouge vif avec deux petites taches noires sur le dessus des derniers segments. La femelle a un abdomen d'une largeur plus régulière, brun clair à maturité. Les immatures des deux sexes sont jaunâtres.
C'est une espèce de petite taille. Il fréquente tous types d'eaux calmes et stagnantes, dont il peut s'éloigner. Comme tous les Sympetrum, il se pose régulièrement et s'élance de son perchoir pour poursuivre une proie ou un congénère, avant de revenir se poser souvent au même endroit.
Sympetrum danae
Sympetrum danae (Sulzer, 1776) : le sympetrum noir
Cette espèce est atypique parmi les autres Sympetrum de notre faune. En effet, toutes les autres espèces ont un mâle rouge et une femelle brune (sauf rares cas de femelles androchromes). Chez S. danae le mâle mâture est presque entièrement noir, tandis que la femelle est brune sur le dessus et grise en dessous. Au stade immature, les deux ont le dessus de l'abdomen jaune vif et le dessous noir. Le mâle ne peut être confondu avec un autre anisoptère de notre faune, c'est plus compliqué pour la femelle si on ne peut l'observer que de dessus. De coté on remarquera le dessous de l'abdomen gris, les sutures du thorax largement soulignées de noir, et la lame vulvaire saillante.
C'est une espèce discrète, de petite taille, qui disparâit facilement à la vue de l'observateur après s'être envolée. Elle peut être assez abondante dans ses biotopes, qui eux sont assez restreints. C'est en effet une espèce de régions froides, qui affectionne particulièrement les plans d'eau d'altitude aux eaux oligotrophes et acides. Je la rencontre ainsi régulièrement sur les tourbières des Hautes Vosges. Elle est aussi très présente dans le Jura, plus localisée dans les Alpes et le Massif Central, rare dans les Ardennes. Par contre en plaine c'est une rareté. Il y a quelques populations pérennes (Picardie, château de Versailles !), et des mentions ponctuelles ailleurs, parfois associées à des "explosions" temporaires de population et des individus erratiques.
Leucorrhinia caudalis
Leucorrhinia caudalis (Charpentier, 1840) : la leucorrhine à large queue
Cette espèce est un joyau des étangs forestiers d'Argonne où je prospecte souvent, avec Epitheca bimaculata. Les deux émergent d'ailleurs simultanément, au mois de mai.
Elle ressemble globalement à L. albifrons, avec laquelle elle peut cohabiter. Le mâle se caractérise par un abdomen élargi en massue, bleu à la base, noir à l'extrémité avec une séparation nette, et des appendices anaux blancs contrastants. Les pterostigmas du mâle sont blancs à maturité. La femelle a un corps épais, orné sur le dessus de tâches jaunes plus larges que chez L. albifrons.
Cette espèce fréquente préférentiellement des étangs forestiers oligotrophes avec une végétation flottante bien présente. Après l'émergence, le meilleur moyen de détecter l'espèce est d'observer les nénuphars et autres radeaux de végétation, où les mâles aiment se poser. Ils surveillent leur territoire de ce poste de guet, à l'affût des femelles qui sont très discrètes, ou d'un autre mâle concurrent.
En France l'espèce est localisée, avec une répartition fragmentaire, elle est essentiellement présente dans le nord est, le centre ouest et les lagunes de la forêt landaise où elle cotoie L. albifrons et L. pectoralis.
Leucorrhinia pectoralis
Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825) : la Leucorrhine à gros thorax
Il est aisé de confondre cette espèce avec L. dubia qu'elle cotoie dans les tourbières des Vosges et du Jura, surtout s'il s'agit d'individus immatures qui n'ont pas une coloration définitive.
Le mâle mature est facile à identifier : son abdomen porte une série de taches rouges de la base au 6e segment (comme L. dubia), puis une tache jaune contrastante sur S7. Ce schéma de coloration est unique ; il a tendance à s'atténuer avec l'âge. La femelle est plus délicate à identifier, avec un abdomen assez large, orné de grandes taches jaunes dont celle de S7 est parfois plus pâle. Les deux ont des pterostigmas sombres, et des appendices anaux noirs.
C'est une espèce rarement abondante, localisée sur des milieux oligotrophes, avec plus de tolérance que d'autres espèces du genre. Les mâles sont erratiques, et certaines années il est possible d'en voir apparaître sur des biotopes où l'espèce n'est pas connue. Ils sont facilement visibles, posés sur un perchoir en hauteur d'où ils surveillent leur territoire. Comme souvent, les femelles sont très discrètes.
Les noyaux de population principaux sont situés dans les nord-est (Vosges, Jura, Bresse, étangs lorrains), le centre ouest et les lagunes des Landes.
Ce n'est qu'après plusieurs années d'attente que j'ai pu observer cette espèce, en tout petit nombre jusqu'ici.
Leucorrhinia albifrons
Leucorrhinia albifrons (Burmeister, 1839) : la Leucorrhine à front blanc
Le nom de cette espèce pourait être utilisé pour illustrer la notion de pléonasme ! En effet, "Leucorrhinia" signifie "à front blanc" avec une racine grecque, et "albifrons" signifie la même chose, sur une base latine ! De plus, toutes les espèces du genre partagent ce critère qui n'est donc pas du tout discriminant !
Le mâle mâture pourrait être aisément confondu avec un Orthetrum. Il possède en efet un abdomen allongé, bleu à la base et noir sur les 2/3 de la longueur. Le front blanc et les appendices anaux également blancs permettent de distinguer les deux genres (attention toutefois à O. albistylum, qui a aussi des appendices blancs !).
La femelle ressemble à celle de L. caudalis, avec un abdomen épais, mais des taches jaunes plus réduites.
L'illustration de cette espèce est des plus limitées, car je n'en ai rencontré qu'un seul individu, une femelle photographiée de loin qui s'est envolée après une seule photo... C'était dans un marais proche du Rhône à la frontière franco-suisse. L. albifrons est une espèce rare et localisée en France, présente dans le Jura, la Savoie, le cenre-ouest, et surtout sur les lagunes de la forêt landaise. Elle était présente dans les Vosges du Nord, mais a disparu de cette région.






























