Sympetrum vulgatum

Sympetrum vulgatum (Linnaeus, 1758)  : le sympetrum commun

Voici encore une espèce dont l'épithète est trompeur. En effet ce Sympetrum est loin d'être le plus abondant du genre, en tout cas sous nos latitudes. Plus au nord, il est plus abondant. S. sanguineum et striolatum sont beaucoup plus largement répandus chez nous.

S. vulgatum ressemble beaucoup au dernier cité et il peut aisément passer inaperçu parmi ses populations. Les deux espèces ont la même taille, et la même silhouette avec l'abdomen du mâle rouge à marques noires réduites et d'une épaisseur à peu près constante. S. v se distingue par les flancs du thorax moins colorés, sans bandes rougeâtre et jaunes contrastées. De face, on pourra observer la jonction entre l'oeil et le front, avec une marque noire qui descend le long de l'oeil comme une larme.  De profil, la lame vulvaire de la femelle est saillante, perpendiculaire à l'abdomen.

Notre pays accueille la sous-espèce type vulgatum, sauf ponctuellement dans les Pyrénées Orientales où on peut trouver la ssp. ibericum plus petite et claire, avec des marques noires réduites. 

S. vulgatum fréquente les eaux stagnantes, de préférence peu profondes et riches en végétation.  Il est présent partout sauf dans le sud-ouest, l'extrême sud-est, et une partie du Nord-ouest (Bretagne et Normandie).

Sympetrum striolatum

Sympetrum striolatum (Charpentier, 1840) : le sympetrum strié



Sympetrum fonscolombii

Sympetrum fonscolombii (Selys, 1840) : sympetrum de Fonscolombe, sympetrum à nervures rouges

Cette espèce est d'affinité méridionale ; elle est très commune en région méditerranéenne, présente dans la moitié sud du pays, et progressivement plus rare vers le nord, où ses populations fluctuent en fonction de migrations de début d'été à partir des populations établies au sud. Cette adaptation se retrouve aussi dans le cycle de vie. Alors que chez les autres espèces du genre les oeufs passent l'hiver pour éclore au printemps suivant, chez S. fonscolombii il n'y a pas de diapause et la larve débute son développement dès après la ponte. Ceci lui permet d'émerger dès le début de saison, d'occuper les biotopes les plus favorables et de gagner vers le nord alors que les autres Sympetrum émergent juste. Les années suivant ces "invasions", des populations plus ou moins pérennes peuvent s'établir là où l'espèce était inconnue.

Au-delà de sa biologie particulière et de son comportement plus vif, S. fonscolombii est assez facile à identifier. Le mâle se caractérise par ses ailes qui portent une tache ambrée à la base, plus développée aux postérieures, et surtout des nervures teintées de rouge dans la moitié basale. Chez la femelle, les nervures restent jaunes. Chez les deux sexes les yeux ont une moitié basale bleue caractéristique (attention toutefois à ne pas confondre avec Crocothemis erythraea), et les immatures sont d'un jaune franc.  

Cette espèce habite une grande variété d'eaux calmes o stagnantes. On peut la rencontrer loin de tout point d'eau. Je la croise régulièrement lors de mes pérégrinations dans le midi, mais j'ai eu aussi la surpise de la renconrer en Meuse et dans les Vosges. 

Sympetrum flaveolum

Sympetrum flaveolum (Linnaeus, 1758) : le sympetrum à ailes jaunes

Voici un Sympetrum facile à identifier, grâce à la base de ses ailes qui porte une grande tâche jaune translucide, autant chez le mâle que chez la femelle. Hormis ce critère, il n'a pas de caractère distinctif marqué. Le mâle est classiquement rouge, avec un thorax aux côtés bruns. La femelle est brune, vue de profil son abdomen est marqué de deux lignes noires longitudinales. Les pattes sont striées de jaune. 

C'est une espèce régulière en altitude sur les lacs et étangs, dans les Alpes, le Jura, le massif Central et  plus ponctuellement les Vosges et les Pyrénées. A plus basse altitude, elle est présente dans les Ardennes. Ailleurs en plaine, elle est sporadique et instable. Ses populations peuvent varier, et on assiste alors à des "invasions" d'individus erratiques. 

J'ai eu le plaisir de rencontrer cette espèce dans ses milieux typiques, sur des lacs de montagne en Auvergne et dans les Pyrénées aux Bouillouses et sur le versant espagnol. 

Sympetrum sanguineum

Sympetrum sanguineum (Müller, 1764) : le sympetrum rouge sang. 

Il se dispute le titre de Sympetrum le plus commun avec S. striolatum. On pourra en effet le rencontrer partout sur les eaux calmes et stagnantes, sauf en altitude au-delà de 1500m. 

Cette espèce est facile à identifier si on peut l'observer de près. On regardera la couleur de ses pattes qui sont entièrement noires, critère qu'il partage uniquement avec S. danae qui a une coloration très différente. Le mâle a un abdomen élargi en fuseau et renflé à la base, rouge vif avec deux petites taches noires sur le dessus des derniers segments. La femelle a un abdomen d'une largeur plus régulière, brun clair à maturité. Les immatures des deux sexes sont jaunâtres. 

C'est une espèce de petite taille. Il fréquente tous types d'eaux calmes et stagnantes, dont il peut s'éloigner. Comme tous les Sympetrum, il se pose régulièrement et s'élance de son perchoir pour poursuivre une proie ou un congénère, avant de revenir se poser souvent au même endroit.