Erythromma najas

Erythromma najas (Hansemann, 1823) : la Naïade aux yeux rouges

C'est un hôte typique des eaux calmes riches en végétation flottante, où l'on observera les mâles posés à la surface des végétaux, nénuphars, potamots ou autres. Ils effectuent de courts vols à partir de leur perchoir pour chasser un intrus. On pourra aussi les observer posés sur la végétation des rives, où ils vont passer la nuit.

L'identification du genre des mâles est très facile : avec E. viridulum, ce sont les seuls odonates mêlant des yeux rouges avec un corps sombre portant une tâche bleue à son extrémité. Il est aussi possible de les confondre avec un mâle Ischnura qui est aussi sombre, avec une tâche bleue, si on n'est pas attentif à la couleur des yeux.
Il faudra être bien plus attentif pour séparer les deux espèces d'Erythromma. Hormis la stature un peu plus forte de E. najas (mais c'est difficile à évaluer), la distinction se fait en examinant l'extémité de l'abdomen : les segments 9 et 10 sont entièrement bleus dessus, alors que le S10 porte un X noir chez viridulum. A l'autre extrémité, sur de dessus du thorax, il n'y a pas de bandes antéhumérales claires (elles sont présentes chez la femelle, mais courtes). De profil, la couleur bleue s'étend latéralement chez viridulum, et pas chez najas. Les femelles sont jaunâtres, avec le dessus entièrement noir.

C'est une espèce très largement répandue, présente partout à l'exception de la bretagne, du piémont pyrénéen, de la basse vallée du Rhône, Provence et massif alpin. Elle est plutôt précoce, volant à partir d'avril jusqu'au début de l'été. 

Coenagrion hastulatum

Coenagrion hastulatum (Charpentier, 1825) : l'agrion hasté

Le 2e segment abdominal du mâle porte un dessin en forme de fer de hallebarde (d'où le nom d'espèce : hasté) surmonté de deux traits latéraux et longitudinaux. J'y vois aussi une forme de "chapeau de Napoléon". A l'autre extrémité, les segments 8 et 9 sont bleus.
Comme chez tous les Coenagrion, l'identification des femelles est beaucoup plus difficile. Elle a une coloration verte, avec le dessus entièrement noir. 
 
Cette espèce est largement répandue dans les régions nordiques d'Europe. Plus au sud, elle est confinée aux zones d'altitude qui présentent un climat analogue. 
Nous allons donc la rencontrer en montagne où elle est présente dans tous les massifs : Pyrénées (rare), Massif Central, Jura, nord des Alpes, Vosges. Elle a été aussi signalée dans les Ardennes. Elle y fréquente les marais et tourbières, préférentiellement bordés de végétation abondante. 

 

Coenagrion scitulum

Coenagrion scitulum (Rambur, 1842) : l'agrion mignon

Cet agrion est largement répandu en France, occupant pratiquement tout le territoire à l'exception des massifs montagneux de l'Est. Il est toutefois localisé au sein de son aire, où il fréquente les eaux stagnantes riches en végétation.
Il n'est pas évident à reconnaître au premier coup d'oeil pour le néophyte. Par rapport à une espèce largement répandue comme C. puella, il paraît plus petit, plus trapu et plus sombre. De plus près, les caractéristiques du mâle sont un dessin sur S2 en forme de diapason, qui rappelle celui de C. pulchellum en étant plus empâté. Le dessus des segments S7, S6 et la moitié apicale de S5 est noir, formant une bande noire continue de 2.5 segments à laquelle succède une bande bleue de 1.5 segment sur S8 et la moitié de S9. Latéralement, les dessins noirs ne se prolongent pas vers l'avant comme chez C. pulchellum

Les femelles typiques ont une couleur de fond bleue, que les dessins noirs du dessus de l'abdomen grossièrement en forme d'obus laissent largement apparaître à la base des segments. 

En région méditerranéenne, une espèce quasiment jumelle peut être rencontrée sur les cours d'eau divaguants : C. caerulescens. Il faut donc y être vigilant.
 

Coenagrion mercuriale

Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) : agrion de Mercure

C'est toujours un plaisir pour le naturaliste de croiser ce zygoptère. Ce n'est pas seulement lié à son esthétique, certes la bête est belle, mais pas plus qu'un autre Coenagrion. C'est surtout dû à son statut de protection. En effet, notre agrion de Mercure bénéficie de beaucoup d'attention : protection nationale, et surtout protection européenne au titre de la directive Habitats et de la Convention de Berne. Lorsqu'on la croise, on peut donc être sûr que l'on est dans un biotope en bon état de conservation, et qui mérite de s'y intéresser. 

La reconnaissance du mâle est assez aisée. Comme chez tous les Coenagrion, il faut regarder le dessus du 2e segment abdominal. Le dessin qui l'orne a une forme de tête de Gaulois portant un casque à cornes, façon Obelix ! La femelle est beaucoup plus difficile à distinguer de celles d'autres espèces, le dessus de l'abdomen est pratiquement complètement noir, la couleur de fond est verte avec plus ou moins de bleu vers l'extrémité de l'abdomen. 

La zone de répartition de l'espèce occupe essentiellement les 3/4 nord de la péninsule ibérique, la France à l'exception de l'extrême nord et des Alpes, et l'Italie. Les populations sont toutefois localisées dans le nord de son aire. 

Ses biotopes de prédilection sont les petits cours d'eau, ruisselets, résurgences et fossés pourvus d'une végétation abondante. 



Coenagrion puella

Coenagrion puella (Linné, 1758) : l'agrion jouvencelle

 Il s'agit de l'espèce la plus largement répandue du genre, on peut la rencontrer potentiellement partout en France. 

Le mâle est caractérisé par le dessin noir en forme de U sur le 2e segment abdominal. De profil, les dessins noirs des autres segments se prolongent vers l'avant par des traits fins sur le coté. De dos, par rapport à d'autres espèces, le bleu occupe une proportion importante. Sur le dessus du thorax, les deux bandes antéhumérales bleues sont continues, contrairement à C. pulchellum chez qui elles sont en point d'exclamation "!". La femelle a le dessus du corps presque entièrement noir, avec une base verte ou bleue. 

 L'agrion jouvncelle est présent dans une grande variété d'habitats, en eau stagnante ou (modérément) courante.