Coenagrion hastulatum

Coenagrion hastulatum (Charpentier, 1825) : l'agrion hasté

Le 2e segment abdominal du mâle porte un dessin en forme de fer de hallebarde (d'où le nom d'espèce : hasté) surmonté de deux traits latéraux et longitudinaux. J'y vois aussi une forme de "chapeau de Napoléon". A l'autre extrémité, les segments 8 et 9 sont bleus.
Comme chez tous les Coenagrion, l'identification des femelles est beaucoup plus difficile. Elle a une coloration verte, avec le dessus entièrement noir. 
 
Cette espèce est largement répandue dans les régions nordiques d'Europe. Plus au sud, elle est confinée aux zones d'altitude qui présentent un climat analogue. 
Nous allons donc la rencontrer en montagne où elle est présente dans tous les massifs : Pyrénées (rare), Massif Central, Jura, nord des Alpes, Vosges. Elle a été aussi signalée dans les Ardennes. Elle y fréquente les marais et tourbières, préférentiellement bordés de végétation abondante. 

 

Coenagrion scitulum

Coenagrion scitulum (Rambur, 1842) : l'agrion mignon

Cet agrion est largement répandu en France, occupant pratiquement tout le territoire à l'exception des massifs montagneux de l'Est. Il est toutefois localisé au sein de son aire, où il fréquente les eaux stagnantes riches en végétation.
Il n'est pas évident à reconnaître au premier coup d'oeil pour le néophyte. Par rapport à une espèce largement répandue comme C. puella, il paraît plus petit, plus trapu et plus sombre. De plus près,, les caractéristiques du mâle sont un dessin sur S2 en forme de diapason, qui rappelle celui de C. pulchellum en étant plus empâté. Le dessus des segments S7, S6 et la moitié apicale de S5 est noir, formant une bande noire continue de 2.5 segments à laquelle succède une bande bleue de 1.5 segment sur S8 et la moitié de S9. Latéralement, les dessins noirs ne se prolongent pas vers l'avant comme chez C. pulchellum. 

Les femelles typiques ont une couleur de fond bleue, que les dessins noirs du dessus de l'abdomen grossièrement en forme d'obus laissent largement apparaître à la base des segments. 

En région méditerranéenne, une espèce quasiment jumelle peut être rencontrée sur les cours d'eau : C. caerulescens. Il faut donc y être vigilant.
 

Coenagrion mercuriale

Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) : agrion de Mercure

C'est toujours un plaisir pour le naturaliste de croiser ce zygoptère. Ce n'est pas seulement lié à son esthétique, certes la bête est belle, mais pas plus qu'un autre Coenagrion. C'est surtout dû à son statut de protection. En effet, notre agrion de Mercure bénéficie de beaucoup d'attention : protection nationale, et surtout protection européenne au titre de la directive Habitats et de la Convention de Berne. Lorsqu'on la croise, on peut donc être sûr que l'on est dans un biotope en bon état de conservation, et qui mérite de s'y intéresser. 

La reconnaissance du mâle est assez aisée. Comme chez tous les Coenagrion, il faut regarder le dessus du 2e segment abdominal. Le dessin qui l'orne a une forme de tête de Gaulois portant un casque à cornes, façon Obelix ! La femelle est beaucoup plus difficile à distinguer de celles d'autres espèces, le dessus de l'abdomen est pratiquement complètement noir, la couleur de fond est verte avec plus ou moins de bleu vers l'extrémité de l'abdomen. 

La zone de répartition de l'espèce occupe essentiellement les 3/4 nord de la péninsule ibérique, la France à l'exception de l'extrême nord et des Alpes, et l'Italie. Les populations sont toutefois localisées dans le nord de son aire. 

Ses biotopes de prédilection sont les petits cours d'eau, ruisselets, résurgences et fossés pourvus d'une végétation abondante. 




Coenagrion puella

Coenagrion puella (Linné, 1758) : l'agrion jouvencelle

 Il s'agit de l'espèce la plus largement répandue du genre, on peut la rencontrer potentiellement partout en France. 

Le mâle est caractérisé par le dessin noir en forme de U sur le 2e segment abdominal. De profil, les dessins noirs des autres segments se prolongent vers l'avant par des traits fins sur le coté. De dos, par rapport à d'autres espèces, le bleu occupe une proportion importante. Sur le dessus du thorax, les deux bandes antéhumérales bleues sont continues, contrairement à C. pulchellum chez qui elles sont en point d'exclamation "!". La femelle a le dessus du corps presque entièrement noir, avec une base verte ou bleue. 

 L'agrion jouvncelle est présent dans une grande variété d'habitats, en eau stagnante ou (modérément) courante. 

Coenagrion pulchellum

Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825) : l'agrion exclamatif

Cet agrion a une aire de répartition très vaste en France, qui couvre tout le pays à l'exception des hautes altitudes du massif alpin. Il est aussi plus rare dans le sud, surtout le piémont pyrénéen. Toutefois, par rapport à C. puella qui lui ressemble beaucoup, il est beaucoup plus localisé, et peut passer inaperçu. 

Par rapport à C. puella, les  différences sont : 

- une proportion de noir plus importante sur le dessus de l'abdomen, assez variable d'un individu à l'autre, qui peut occuper la moitié des segments médians,
- sur le 2e segment, le dessin noir a également une forme de U, mais celui-ci est rattaché à la base à la jonction avec le 3e segment, pour former un diapason. 
- sur le thorax, les bandes antéhumérales sont généralement interrompues et ont une forme de "!". Toutefois, ce n'est pas systématique !  Il faut donc examiner plusieurs individus dès que l'on repère des "puella" paraissant sombres.